Touraine semble prête à lâcher du lest aux médecins... Mais jusqu’où ?

Publié le 07/12/2014

Crédit photo : GARO/PHANIE

Entre le cabinet de Marisol Touraine et les syndicats, les discussions ont repris à un rythme soutenu ces derniers jours. A moins de trois semaines du mouvement de fin d’année, il s’agit d’éviter une grève massive des médecins libéraux, urgentistes et cliniques privées. Le ministère de Santé paraitrait prêt notamment à amender son projet de loi de santé sur certains points. Le président de la CSMF, Jean-Paul Ortiz l’a reconnu mezza voce samedi, dans une intervention à l’occasion des trente ans de l’UNOF, branche généraliste de la CSMF : "Nous sortons de deux mois au cours desquels on nous a dit qu’on allait nous réexpliquer le projet de loi de santé. Je constate aujourd’hui que la ministre, sentant cette conjonction historique de rassemblement de tous les médecins quelque soit leur spécialité et leur sensibilité, semble entendre cette protestation. Il y a, semble-t-il, des signes d’ouverture et d’écoute. "

Jean-Paul Ortiz qui sera reçu jeudi par Marisol Touraine avec ses bras droits, Patrick Gasser des spécialistes de l’UMESPE et Luc Duquesnel, des généralistes de l’UNOF, a réitéré son opposition au tiers payant généralisé et a indiqué qu’il proposait d’inverser le mécanisme de contractualisation avec les ARS par un "mécanisme ascendant et non bureaucratique", le "contrat territorial d’initiative libérale". Sur le futur "Service territorial de santé au public" dont il se méfie, le chef de file de la CSMF semble aussi considérer et que la ministre ’"envisageait de désserrer l’étau dogmatique" pour permettre à des cliniques privées d’y être intégrée quand bien même leurs spécialistes pratiqueraient des dépassements d’honoraires.

Pour autant, pas question de se laisser amadouer sans réelles garanties de changement de la part du gouvernement : "L’heure n’est pas à baisser la garde, mais à la mobilisation massive de tous les médecins. sinon, nous n’obtiendrons rien" , a t-il martelé, ajoutant qu’il n’était pas question de "se laisser berner par des effets d’annonce."

Tonalité encore plus ferme, de la part de Luc Duquesnel qui a évoqué un "état des lieux sinistre" pour la médecine générale. Pour le leader des généralistes CSMF, la grève est plus que jamais nécessaire : "ne nous laissons pas distraire par des annonces faites ici et là comme quoi le gouvernement aurait cédé aux demandes des médecins libéraux. Il ne s’agit que de paroles visant à affaiblir le mouvement de grève de fin d’année".


Source : legeneraliste.fr