Tiers payant : les syndicats de médecins libéraux sur la réserve

Publié le 16/02/2014

Crédit photo : I LOVE IMAGES / BSIP

Généraliser le tiers payant, c’est possible ! Hubert Garrigue-Guyonnaud va tenter de le démontrer à partir de mardi, date à laquelle Marisol Touraine mettra en place le comité d’orientation sur le tiers payant que cet Inspecteur général des affaires sociales doit piloter. Pour se faire, il devrait s’appuyer sur le rapport que l’IGAS a rendu public en fin de semaine, mais dont les conclusions avaient été révélées dès octobre par Le Généraliste.

On y lit que la généralisation de la dispense d’avance de frais d'ici à 2017, est "techniquement possible" et "justifiée sur le fond", car permettant une "simplification considérable des formalités de l'ensemble des assurés" et "un meilleur accès aux soins". Les auteurs du rapport jugent par ailleurs que la réforme est "techniquement possible". Sur la base de trois grands principes selon eux : l'absence de risque de trésorerie pour les praticiens, l'absence de risque de perte financière lorsque le patient n'a pas les droits requis et l'absence de charge administrative supplémentaire.

C’est précisément sur ces points que le "Monsieur tiers payant" du gouvernement va devoir convaincre dans les semaines qui viennent. Car les syndicats de médecins libéraux n’en sont pas persuadés. La CSMF a redit vendredi son opposition "à la généralisation d’une usine à gaz qui se fera aux dépens des médecins car elle est techniquement impraticable. Et le syndicat de Michel Chassang de rappeler sa contreproposition de "projet monétique à débit différé".

Même opposition de principe à la FMF, qui se dit contre "’un tiers payant généralisé et obligatoire". "La confiance n’est pas au rendez-vous pour que les médecins libéraux s’engagent dans un tiers payant généralisé", martèle Jean-Paul Hamon. A la place, le chef de file de la FMF estime que tiers payant doit dépendre du souhait de chaque professionnel et reposer sur un guichet payeur unique, "c’est à dire la cnamts comme pour la CMU."

Quant à MG France, dans un communiqué diffusé samedi, il souligne que les médecins généralistes n’ont ni le temps, ni le personnel, ni les moyens pour vérifier les droits des patients. Aussi, quoique favorable à la généralisation du tiers payant, le syndicat de Claude Leicher met en garde les pouvoirs publics, expliquant qu’il s’opposera "à tout dispositif qui ne serait pas simple, complet et garanti."


Source : legeneraliste.fr