Sur l’accessibilité des cabinets, peut-être une ouverture du gouvernement

Publié le 10/11/2014

Crédit photo : GARO/PHANIE

C’est une petite phrase au milieu d’un long discours, mais qui pourrait peut-être changer les choses… À l’occasion du début de l’examen du budget de la Sécu pour 2015, Marisol Touraine a évoqué le sujet de l’accessibilité devant les sénateurs. Et, ainsi qu’elle l’avait fait devant les députés le 21 octobre, elle a laissé entrevoir un début de solution pour les cabinets qui ne seraient pas aux normes. La ministre de la Santé a en effet affirmé que Ségolène Neuville, secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, et elle « investissons aussi dans la création d’unités de consultation en ville ». Autrement dit, a-t-elle poursuivi, « cela garantit aux personnes handicapées l’accès aux soins courants dans un cadre adapté avec des locaux mis en accessibilité et des professionnels formés ». Cette annonce pourrait donner un peu de souplesse aux praticiens diont les cabinets ne sont pas aux normes. S’il est trop tôt pour juger de sa portée réelle -aucune autre précision n’ayant été faite- elle s’inspire du rapport Jacob. Dans un document remis à Marie-Arlette Carlotti (à l’époque ministre des personnes handicapées ) en juin 2013, son auteur, Pascal Jacob préconisait en effet qu’à défaut d’accessibilité des cabinets, des visites à domicile puissent être proposées ou la création de lieux de soins ad hoc, accessibles, vers lesquels le professionnel accepterait de réaliser des consultations. Une suggestion reprise par la suite par l’UNAPL.

Pour le reste, la présentation du budget de la Sécu a abordé la question des économies dans le domaine de la santé. Un sujet qui oppose la nouvelle majorité du Sénat à Marisol Touraine. Aux sénateurs UMP et centristes appelant le gouvernement à faire un milliard d’économies supplémentaires, la ministre a répondu qu’il s’agissait d’économies de posture. Et regretté qu’ils reculent « au contraire lorsqu’il s’agit de prendre de véritables mesures qui se heurtent à des intérêts particuliers ». Après la suppression du compte pénibilité, il y a une semaine, les sénateurs de l’opposition, majoritaires désormais à la Haute Assemblée, plaident désormais pour sa mise en œuvre avec, en contrepartie, le report à 64 ans de l’âge légal de la retraite. Des suggestions qui font dire à Marisol Touraine que « ce n’est que lorsqu’il s’agit de réduire les droits sociaux que vous êtes prêts à proposer des mesures d’économies ».


Source : legeneraliste.fr