Le Sénat de droite vote un PLFSS de gauche... revu et corrigé

Publié le 15/11/2014

Crédit photo : GARO/PHANIE

C’est une première depuis 2012 ! Le nouveau Sénat de droite a adopté dans la nuit de vendredi à samedi le budget 2015 de la Sécu, une première depuis 2012. 181 sénateurs, UMP et centristes ont voté pour tandis qu'il y a eu 154 contre, soit l'ensemble de la gauche. Ce vote tient à première vue du paradoxe, puisque lors des deux précédents PLFSS de la législature, le Sénat avait rejeté le texte, en dépit d’une courte majorité de gauche. A croire que le gouvernement a plus à se méfier désormais des socialistes de l’Assemblée, plutôt turbulents...

En réalité, le travail de la Haute Assemblée n’arrange pas plus que ça le gouvernement. D’abord parce qu’elle a rayé d’un trait de plume la modulation prévue des allocations familiales. Ensuite parce qu’elle a prévu tout un train d’économies supplémentaires qui risque de la placer en porte à faux avec l’Assemblée nationale. L’affaire se réglera le 18 novembre, lors d'une commission mixte paritaire (CMP, 7 sénateurs, 7 députés) chargée de trouver une version commune aux deux chambres. Et, en cas de désaccord, c'est l'Assemblée qui aura le dernier mot.

Pour le rapporteur Jean-Marie Vanlerenberghe (UDI-UC), les mesures votées par le Sénat devraient économiser au moins un milliard d'euros supplémentaires. "Il y aurait 28 à 30% d'actes inutiles ou redondants", a souligné le sénateur du Nord :"Un médecin généraliste envoie un patient à un spécialiste et celui-ci à l'hôpital, et à chaque fois on va recommencer les prises de sang, les radiographies, toute la batterie d'examens", a-til poursuivi. Les urgences seraient également "moins encombrées si la médecine de garde était plus développée, avec un numéro d'appel à la disposition des patients", comme le 16 qui est disponible, a-t-il estimé. "On soignerait mieux les petits bobos, et plus vite, la Sécurité sociale ferait des économies". Le Sénat a par ailleurs approuvé la généralisation du tiers payant pour les bénéficiaires de l'Aide à la complémentaire santé à partir du 1er juillet 2015. Mais il a rejeté la suppression des franchises pour ces mêmes personnes.


Source : legeneraliste.fr