Le déficit de l’Assurance maladie devrait doubler d’ici à 2020

Publié le 02/01/2014

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C’est le Haut conseil pour l’avenir de l’Assurance maladie (HCAAM) qui, après d’autres, le prédit : les dépenses de santé risque fort d’exploser en France d’ici à 2040. Le déficit de l'Assurance maladie s'élèverait ainsi à plus de 14 milliards d'euros en 2020, soit le double par rapport à aujourd'hui (7,7 milliards en 2013), puis atteindrait près de 29 milliards en 2030. Il dépasserait les 41 milliards en 2040, selon les projections réalisées par le HCAAM, publiées fin décembre et révélées jeudi par Le Figaro. Ce déficit augmenterait moins vite ensuite, atteignant près de 49 milliards en 2060.

La raison de cette forte croissance du déficit est relativement bien connue : «la croissance des dépenses de santé est spontanément plus rapide que celle du produit intérieur brut (PIB), ce qui contribuerait à accroitre le déficit public des régimes obligatoires à l'horizon 2060», note le HCAAM. Le Haut conseil distingue trois périodes : de 2015 à 2024, la croissance moyenne annuelle des dépenses de santé est la plus rapide (+3,0 %), puis elle s'infléchit jusqu'à 2040 (+2,4 %) et ralentit entre 2040 et 2060 (+1,8 %). La croissance constatée jusqu'en 2040 s'explique d'une part par le vieillissement de la population. Mais ce facteur «n'occupe qu'une part relativement modeste dans la progression» des dépenses jusqu'en 2040 (0,5 point environ). Le HCAAM estime en effet que «le progrès technique et l'organisation des soins apparaissent comme des contributeurs importants de la dépense de santé dans les projections».

Trois pistes sont évoquées pour endiguer le déficit : un accroissement des prélèvements publics (CSG, cotisations), une baisse de la prise en charge par la Sécu ou enfin une plus grande maîtrise des dépenses.Ecartant les deux premières hypothèses, le HCAAM plaide pour la troisième solution, réaffirmant «l'impérieuse nécessité d'une maîtrise des dépenses de santé, mobilisant les nombreux gisements d'efficience du système de soins». Cette recherche d'efficience consiste par exemple à évaluer «la pertinence de certains actes ou de certains séjours hospitaliers». Toutefois «à court terme, des mesures sur les recettes et le remboursement de soins inutiles devront être prises en attendant que les mesures d'optimisation de la dépense de santé fassent sentir leurs effets», souligne le Haut conseil.


Source : legeneraliste.fr