La loi Santé enfin au menu du conseil des ministres.

Publié le 13/10/2014

Crédit photo : GARO/PHANIE

Présenté dans ses grandes lignes au début de l’été, le projet de loi santé qui circule depuis quelques semaines va enfin être présenté, mercredi, en conseil des ministres. Généralisation du tiers payant, extension du dispositif du médecin traitant aux moins de 16 ans, mise en place du parcours de santé sont quelques-unes des dispositions intéressant particulièrement les généralistes (lire aussi Le Généraliste du 19 septembre). Saluée pour son volet prévention, la réforme portée par Marisol Touraine est décriée sur de nombreux autres points, au premier rang desquels son manque de moyen. Malgré la dégradation du contexte économique et les 10 milliards d’économies demandés à l’Assurance maladie entre 2015 et 2017, la Ministre assure qu’il s’agit d’une réforme « structurante, durable et mobilisatrice ».

La mobilisation, justement, il n’aura pas été nécessaire d’attendre l’exposé officiel de la loi pour qu’elle s’organise… contre le projet. La systématisation de la dispense d’avance de frais cristallise les critiques de nombre de généralistes. Ils voient là une mesure coûteuse, infaisable techniquement et source de tâches administratives chronophages. Quant aux syndicats, ils ont profité de la journée d’action du 30 septembre dernier pour manifester leur mécontentement à l’égard de cette réforme. Un mouvement qui ne semble pas prêt de s’essouffler. À deux jours du conseil des ministres, la CSMF relance la pression. Dans un communiqué, elle dénonce «une régression sans précédent en matière de qualité des soins" et accuse le gouvernement de vouloir mettre en place «un système de santé d’état normatif, où la seule préoccupation serait le coût, et dans lequel la liberté de choix du patient disparaitrait» . Dans la foulée, le syndicat de Jean-Paul Ortiz «appelle les médecins à amplifier la mobilisation contre les projets du Gouvernement pour la santé ». Du côté de l’UNOF, on demande l’abandon du projet de tiers-payant généralisé obligatoire. Avant même d’être débattue devant l’Assemblée nationale début 2015, la loi Touraine pourrait connaître quelques rebondissements.


Source : legeneraliste.fr