Édito

La colère à point

Publié le 13/09/2019
Édito

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Après la présentation d’un plan d’envergure pour tenter de résoudre la crise des urgences, le ministère de la Santé devra de nouveau faire preuve du plus grand tact pour mener à bout la réforme des retraites. Jean-Paul Delevoye, qui vient d’intégrer le gouvernement, ne sera pas de trop pour épauler Agnès Buzyn. Un an de concertation n’a en effet pas suffi à rassurer tous les corps professionnels sur l’impact de cette importante refonte.

Et pour cause, le rapport rendu cet été par le Haut-commissaire à la retraite au président de la République n’apporte pas de réponse précise à de nombreuses professions libérales sur les conséquences exactes de la fusion des 42 régimes existants. En l’absence de simulation spécifique, les médecins libéraux redoutent tout particulièrement, avec ce projet, la baisse des pensions, la disparition de leurs réserves ainsi que de leur caisse spécifique et ils s’interrogent sur l’avenir de l’ASV.

Au-delà de déclarations d’intention, le gouvernement n’a rien fait jusqu’à présent pour les rassurer. Dernier épisode en date, l’annonce cet été par le ministère de la Santé de confier le prélèvement des cotisations retraite des médecins à l’Acoss, et non plus à la Carmf, a été vécue par la profession comme un inacceptable passage en force, alors même que la réforme n’est pas actée.

Ce lundi 16 septembre, des médecins défileront donc à Paris aux côtés d’autres professionnels de santé (kinés, infirmiers, orthophonistes...) mais aussi d’avocats et de pilotes de ligne contre le projet de réforme. Lancé par quelques syndicats, ce mouvement pourrait marquer le début d’une plus vaste contestation. Les pouvoirs publics devront trouver le subtil dosage pour que le régime universel tienne compte des spécificités des professions.

Râlant souvent contre le niveau de leurs cotisations à la Carmf, les médecins n’entendent pourtant pas abandonner un système qui leur garantit une retraite décente – 2 700 euros par mois en moyenne pour les généralistes – et a permis de constituer 7 milliards d’euros de réserve. Voilà le gouvernement prévenu.

Christophe Gattuso, directeur de la rédaction

Source : Le Généraliste: 2880