Plan d’économies

Face au ministère de la Santé, les laboratoires pharmaceutiques contre-attaquent

Publié le 14/05/2014

Pas d’accord du tout ! Au Leem (Les entreprises du médicament), on ne décolère pas contre le plan d’économies annoncé par Marisol Touraine et on est bien décidé à le montrer. Lors de sa présentation par la ministre fin avril, ce volet santé du "programme de stabilité" du gouvernement prévoyait de mettre 3,5 des 10 milliards d’économies prévues sur trois ans à la charge des laboratoires pharmaceutiques via des baisses de prix et un nouveau développement des génériques. Le Leem avait déjà vivement critiqué ces orientations, redoutant leurs efferts délétères sur les emplois dans le secteur et la recherche et accusant le gouvernement de «renier la dimension stratégique de l’industrie du médicament, reconnue par le président de la République et par les récentes missions Gallois et Lauvergeon.»

Réuni le 13 mai, son conseil d’administration a organisé la riposte. Il a en effet décidé «à l’unanimité» de suspendre «immédiatement» la participation des industriels dans les instances de concertation et de prospective avec les pouvoirs publics. Sont concernés notamment les travaux du Conseil stratégique des industries de santé (CSIS) et du Comité stratégique de filière des industries de santé (CSF-ITS), deux instances avec lesquelles le gouvernement Ayrault avait pourtant renoué il y a quelques mois. Dans la foulée, le Leem a aussi décidé d'annuler la tenue des prochaines Rencontres internationales de recherche (RIR) qui étaient programmées le 4 décembre prochain.

« Les mesures actuellement envisagées sont en contradiction totale avec les ambitions stratégiques poursuivies par le Président de la République et par le gouvernement, alerte Patrick Errard (photo), président du Leem. Elles compromettent les possibilités de partenariat de long terme entre notre industrie et la puissance publique ». Signe du degré d’exaspération du secteur, c’est la première fois depuis bien longtemps que le Leem se décide à pratiquer la politique de la chaise vide.

Pour autant, le fil du dialogue n’est pas totalement rompu, puisque le Conseil d’administration du Leem «demande de façon urgente au gouvernement d’engager un dialogue permettant, selon ses termes «le retour à un niveau de contribution juste et proportionné du médicament au rétablissement des comptes de l’assurance maladie.» Ce n’est pas la première fois que Marisol Touraine se trouve confrontée à un épisode de tension avec des acteurs du monde de la santé. Les bisbilles actuelles avec l’industrie ont en effet été précédées ces derniers mois par un conflit avec l’hospitalisation privée.


Source : legeneraliste.fr