Débat sur les IJ : baptème du feu à l’Assemblée pour Laurence Rossignol, la nouvelle secrétaire d’Etat

Publié le 17/04/2014

L'Assemblée nationale a rejeté jeudi une proposition de loi UMP sur les arrêts de travail et indemnités journalières prévoyant notamment un rétablissement du jour de carence pour les fonctionnaires en arrêt maladie. Cette proposition de loi, portée notamment par le député UMP des Yvelines, le Dr Pierre Morange et la députée UMP des Ardennes, Bérengère Poletti, a été repoussée par le vote d'une motion de rejet préalable du PS. Outre une série de mesures et de renforcement des contrôles des arrêts maladie, le texte examiné lors d'une journée consacrée à des propositions de groupes minoritaires prévoyait de rétablir le jour de carence non indemnisé pour les fonctionnaires instauré en 2012 par la droite et supprimé par la gauche revenue au pouvoir.

Les députés UMP et UDI ont réaffirmé que la mesure votée sous le gouvernement Fillon avait fait baisser l'absentéisme, notamment dans les hôpitaux, et permis des économies. "Idées fausses" récusées par le gouvernement et la majorité. Ce débat aura été le baptème du feu en tant que représentante du gouvernement, pour la secrétaire d'Etat à la Famille Laurence Rossignol qui a dénoncé un texte "alibi", "inadapté à la réalité" et des "postures dogmatiques : voir en chaque personne en arrêt maladie un fraudeur potentiel et ne jamais laisser passer une occasion d'opposer les Français", irritant vivement les députés UMP. Sur le "coeur" de la proposition de loi, l'ancienne sénatrice a notamment critiqué une volonté de "mépriser et méconnaître les agents de la Fonction publique". "Le temps parlementaire est précieux et il n'est pas nécessaire de rejouer la saison III de la fraude et du jour de carence", a abondé Gérard Sebaoun (PS). Pourtant, sans l'article sur le rétablissement du jour de carence, "injuste et à l'impact budgétaire très limité", le député Olivier Falorni (dissident PS, "tombeur" de Ségolène Royal aux dernières législatives) a affirmé qu'il aurait pu voter la proposition.

"Nous sommes au coeur d'une idéologie et d'un sujet tabou pour la gauche", a considéré Bérengère Poletti, tandis que Dominique Tian a reproché à la majorité de "tenter de préserver un réservoir électoral" et que Pierre Morange a évoqué "un marchandage de tapis syndical". La quasi totalité des orateurs UMP et UDI ont aussi jugé contradictoire la fin de non recevoir de la gauche à l'heure des 50 milliards d'euros d'économies recherchées "par tous les moyens" par le gouvernement.


Source : legeneraliste.fr