Edito

Buzyness plan

Publié le 13/04/2018
Edito

Edito

Agnès Buzyn a fait le job samedi dernier. En conclusion du Congrès de la medecine générale, à Paris, la ministre de la Santé a visité les stands, serré des mains, échangé des amabilités, posé pour des photos avec les adeptes des selfies. Toujours avec le sourire. Devant un amphithéâtre comble et comblé, elle a dit tout le bien qu’elle pensait de la profession. « La médecine générale est la discipline-clé de la transformation du système de santé », a-t-elle déclaré.

Une ministre ne se déplace jamais pour rien, même si elle a peu à dire. Ce n’était donc pas une simple visite de politesse. S’adressant à un public de médecins leaders d’opinion, enseignants, chercheurs, syndicalistes, internes, membres de sociétés savantes ou d’organismes de FMC, etc., elle a rappelé ce qu’elle attendait demain de tous les généralistes. Soyez pertinents, a-t-elle dit en substance, en réalisant moins d’actes et de prescriptions inutiles. Exerçez en équipe de soins coordonnés et répondez à la demande de soins non programmés pour éviter l’engorgement des urgences.

Dans cette lignée pragmatique, la ministre a fait passer un message : elle compte sur les infirmières en pratique avancée (IPA), appelées à jouer un « rôle majeur auprès du médecin traitant » pour les patients atteints de maladies chroniques stabilisées. Les textes réglementaires et les référentiels de formation de cette nouvelle profession sortiront sans tarder. La première promotion rentrera en formation de master dès septembre prochain. Et ce quoi qu’en pensent les grincheux. « Il est temps d’aboutir sur ce dossier », a déclaré Agnès Buzyn.

Sur ce sujet qui divise la profession, la ministre a donc affiché sa fermeté. Certains libéraux conçoivent les IPA comme une profession concurrente qui réalisera des actes faciles. D’autres, à l’instar des praticiens des centres de santé et des jeunes généralistes, les voient comme une opportunité dans un contexte de pénurie démographique. « Les essayer, c’est les adopter », clament leurs représentants dans un communiqué commun. Alors, en pratique, on avance ?

Christophe Gattuso, directeur de la rédaction

Source : Le Généraliste: 2831