Edito

Nouvel acte

Publié le 15/06/2018
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Ça bouge au niveau tarifaire. Après le C à 25 euros il y a un an, les consultations complexes (46 euros) et très complexes (60 euros) mises en place le 1er novembre dernier ou encore la visite longue portée à 70 euros, voici venue une nouvelle consultation de prévention à 125 euros. Mais attention, vous ne la trouverez pas dans la nomenclature. Ce nouvel acte au montant symbolique de 5G est né d’un partenariat inédit passé entre la CSMF et l’institut de prévoyance Klesia. Certes, cette consultation d’environ 45 minutes ne concernera que les plus de 45 ans parmi les 600 000 salariés de la branche transport. Certes, elle ne pourra être cotée qu’une fois tous les cinq ans par patient et il faudra au préalable que le praticien ait suivi une courte formation.

Quand bien même, en acceptant la création de cet acte hors convention, le premier syndicat de médecins libéraux envoie un message fort à la profession et à l’Assurance maladie. Si les pouvoirs publics et la Cnam ne mettent pas les moyens pour financer le dépistage, la prévention ou la coordination, les médecins iront chercher ailleurs. Tel est le sens de l’accord-cadre conclu il y a quelques jours par la CSMF avec les institutions de prévoyance (CTIP).

Ce partenariat en appellera-t-il d’autres avec des complémentaires santé ? Peut-être, mais rien n’est moins sûr. Ces dernières années, mutuelles, assureurs et institutions de prévoyance réunis au sein de l’Unocam ont toujours investi à reculons dans la convention, refusant d’être des « payeurs aveugles ». La perspective d’une contractualisation directe avec la profession, sans passer par l’Assurance maladie, pourrait changer la donne. Mais elle n’est pas sans risque.

La question de la confidentialité des données de santé est dans la balance. La tentation est grande aussi chez certains acteurs privés de mettre en place des réseaux de soins fermés, combattus depuis plusieurs années par les médecins. Certains estiment que l’on s’oriente vers un système de santé à deux vitesses. Cette évolution est-elle irréversible ?


Source : Le Généraliste: 2839