Les sages-femmes font désormais partie du "personnel médical"

Publié le 27/12/2014

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C’est l’épilogue d’un des plus long conflit que Marisol Touraine ait eu à gérer jusque là. Un décret officialisant la création d'un "corps des sages-femmes des hôpitaux", annoncé en mars par la ministre de la Santé Marisol Touraine, a été publié vendredi au JO. Selon le texte, la gestion des sages-femmes dépend désormais du personnel médical et non plus du paramédical. Le texte dispose en effet que "les sages-femmes des hôpitaux relèvent de la direction chargée du personnel médical pour la gestion de leur affectation et de leur carrière".

Après quatre mois et demi de mobilisation des sages-femmes des hôpitaux, qui revendiquaient notamment un statut de praticien hospitalier, ce qui impliquait leur sortie de la Fonction publique, le gouvernement avait annoncé début mars qu'elles seraient dotées d'un "statut médical", qui leur permettrait d'accéder à de nouvelles responsabilités. Mais les sages-femmes n'étant pas des médecins, Marisol Touraine avait estimé qu'elles "devaient porter la responsabilité qui est la leur, de sages-femmes". Par ailleurs, ce souhait d'un statut comme celui des médecins (praticiens hospitaliers) ne faisait pas l'unanimité, l'intersyndicale de sages-femmes hospitalières s'étant opposée à la sortie de la Fonction publique, plus protectrice à ses yeux.

Les nouvelles mesures laissent sur sa faim le collectif regroupant syndicats et associations de sages-femmes à l'origine d'une grève de plusieurs mois, plus d'un an pour les plus décidés, entamée mi-octobre 2013. "On a rajouté un titre, cela ne crée pas un statut", a relevé auprès de l'AFP vendredi Nicolas Dutriaux, du Collège National des Sages-Femmes de France. "Cela reste un statut particulier, on nous a refusé celui de praticien hospitalier"."On a gagné un peu de grille des salaires, juste ce qui nous était dû puisque nous n'avions pas eu de revalorisation depuis 5 ans, soit entre 50 et 100 euros. Mais on reste sur un statut particulier, avec ses contraintes, une formation réduite à 20 heures par an, totalement insuffisantes pour une profession médicale", a-t-il aussi souligné.


Source : legeneraliste.fr