Un généraliste du 93 en bisbilles contre l’Ordre devant le conseil d’Etat

Publié le 16/05/2014

Crédit photo : GARO/PHANIE

Le Dr Bernstein va-t-il pouvoir reprendre son exercice en dépit d’une sanction ordinale ? Il devrait en partie être fixé sur son sort mercredi prochain. Condamné pour non confraternité par l’Ordre des médecins, le généraliste de Villetaneuse (Seine-Saint-Denis) a en effet déposé un recours devant le conseil d’Etat qui devrait trancher sur un sursis à éxécution de la sanction en milieu de semaine prochaine.

Les ennuis du Dr Serge Bernstein commencent en 2010 alors qu’un troisième médecin s’associe au cabinet Nobel dans lequel il exerce à Villetaneuse (Seine-Saint-Denis). A la suite de différends avec ses associés, ces derniers décident d’exclure le nouvel arrivant seulement huit mois après son arrivée. Mais rapidement, une plainte est alors déposée par le conseil départemental de l’ordre des médecins du 93 contre le Dr Bernstein pour non confraternité. On lui reproche notamment de ne pas avoir eu réellement l’intention de concilier les deux parties. Il fera appel de sa première condamnation, mais sans succès, le président de la Chambre Disciplinaire Nationale de l’Ordre prononçant à son encontre en novembre 2013 une interdiction d’exercice de deux mois qui a pris effet le 1er mai dernier.

Heureusement pour le Dr Bernstein, celui qui a fondé en 2006 "l’Association de défense des médecins contrôlés du 93 et autres départements (ADMC93AD) n’en est pas à ses premières procédures, ni à sa première audience devant le Conseil d’Etat. Il a donc monté un dosisier puis l’a déposé devant la Haute Juridicition. Mercredi, l’instance ne rendra pas d’avis sur le fond de l’affaire qui attandra sans doute de longs mois. Mais sa décision sur la forme (au regard des conséquences de la suspension pour le médecin et du sérieux ou non de ses arguments) pourrait accorder un délai de grâce au généraliste et préjuger de la décision finale.

Pour l’heure, le généraliste apparait d’ailleurs bien décidé à se défendre bec et ongle. Un récent et facheux incident illustre, selon lui, la sévèrité excessive des instances ordinales. Le décès ce vendredi d’un quadragénaire par arrêt cardiaque devant son cabinet médical aurait sans doute pu être évité, dit-il, s’il avait été présent. Il brandit également la situation des banlieues : "Villetaneuse est une zone classée sensible : 48 médecins/100 000 pour une moyenne départementale à 59,8/100 000", explique le praticien. Et d’interpeller directement les ordinaux : « les habitants de Villetaneuse sont-ils pris en compte lorsque l’Ordre des Médecins empêche un médecin de travailler ? ».



Source : legeneraliste.fr