Édito

Injections contradictoires

Publié le 12/02/2021

Crédit photo : SPL/PHANIE

En présentant la stratégie de vaccination, en décembre, le Premier ministre avait annoncé que les généralistes seraient « au cœur du dispositif ». Les médecins de famille ont depuis rongé leur frein. En vaccinant dans les premiers centres montés dans les hôpitaux. En se cassant les dents, parfois, lorsqu’ils tentaient de monter des centres de vaccination en ville. Les autorités ont d’ailleurs dû limiter la création de nouvelles structures, la France ne disposant pas d’assez de doses de vaccins à leur fournir.

L’arrivée du vaccin d’AstraZeneca, aux conditions de conservation moins complexes que ceux de Pfizer-BioNTech ou Moderna, change la donne. Elle permet à Jean Castex de tenir son engagement. Et de ne pas reproduire l’erreur commise, 12 ans plus tôt, par son prédécesseur François Fillon et Roselyne Bachelot. Les généralistes de ville avaient été écartés au profit de vaccinodromes pour vacciner contre le H1N1. Pour un résultat calamiteux : moins de 6 millions de Français reçurent une injection.

Le gouvernement semble aujourd’hui prêt à donner un virage ambulatoire à la vaccination. 100 000 médecins libéraux devraient dans les prochaines semaines participer à cet effort national contre le coronavirus, annonce Ségur. « Il va falloir que ça dépote », a clamé Olivier Véran, après avoir montré ses biceps, tout juste vacciné (dans un centre hospitalier à Melun, pas chez un généraliste). Mais comment faire quand les doses arrivent au compte-gouttes ? Il faudra de la patience et de la persévérance aux généralistes volontaires pour se procurer les doses, convaincre les patients, planifier les séances et respecter le protocole.

Les représentants des généralistes réclament depuis plusieurs mois de jouer un rôle majeur dans cette campagne. Le défi est de taille. Le Collège de la médecine générale l’a compris. Il présente ses préconisations pour vacciner au cabinet avec AstraZeneca. Des infos pratiques et conseils de bon sens sur la marche à suivre. Une piqûre de rappel, en quelque sorte.

Christophe Gattuso, directeur de la rédaction

Source : Le Généraliste