Si « Le Généraliste » était paru en 1906

Encombrante pléthore de médecins en Indre-et-Loire

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Publié le 23/09/2017
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Crédit photo : Phanie

La préfecture d’Indre-et-Loire vient de publier la statistique officielle des professions médicales à la date du 1er janvier 1906. Il y a dans notre département 186 médecins, 104 pharmaciens et 137 sages-femmes.

Dans la ville de Tours, on compte un médecin pour 940 habitants. C’est là une très forte moyenne, indice très manifeste d’une pléthore considérable, qui n’est pas sans apporter quelque gêne à l’exercice de la profession médicale. Cette pléthore existe également dans la partie rurale de l’arrondissement de Tours où il y a un médecin pour 2 135 habitants. Dans l’arrondissement de Chinon, la proportion est de 1 médecin pour 2 460 habitants ; dans celui de Loches, le moins riche, de 1 médecin pour 2 640 habitants.

Cet encombrement est d’autant plus grave que la grande majorité des médecins, actuellement exerçants, sont des hommes jeunes. En effet, en nous basant sur la date de l’obtention des diplômes universitaires, nous voyons que 19 médecins ont été reçus avant 1870, 48 entre 1871 et 1890, 78 entre 1891 et 1900 et 41 depuis 1901.

Donc, sur 186 médecins, 119 exercent depuis moins de quinze ans, soit 65 %. Le département d’Indre-et-Loire est un des trois départements français où la moyenne de l’âge des médecins soit aussi jeune.

Il est intéressant de connaître dans quelle faculté nos médecins tourangeaux ont acquis leurs grades. En très grande majorité, 140, tls sont docteurs de la Faculté de Paris ; 15 sont docteurs de la Faculté de Bordeaux ; 6 de la Faculté de Montpellier ; 4 de la Faculté de Strasbourg-Nancy ; 4 de la Faculté de Lyon ; 3 de celle de Toulouse et 1 de celle de Lille. 12 officiers de santé ont été reçus devant l’École de médecine de Tours et 1 devant celle de Rennes.

Les renseignements que nous fournit ainsi la statistique d’Indre-et-Loire sont de toute première importance. Il serait à désirer que ces chiffres fussent plus connus dans les milieux où se recrutent les jeunes médecins et dans les familles où l’on discute sur le choix d’une carrière indépendante pour le fils aîné ou unique.

Il est plus facile de convaincre par les chiffres que par les raisonnements.

(La Gazette médicale du Centre, 15 mars 1906)


Source : legeneraliste.fr