Vers une médecine préventive des chômeurs avec les généralistes ?

Publié le 12/01/2015

Crédit photo : GARO/PHANIE

Développer une « médecine préventive des chômeurs ». Telle est la proposition de Michel Debout dans son livre Le Traumatisme du chômeur, à paraître jeudi. Pour ce psychiatre spécialiste du suicide, « il faut qu’il y ait une médecine préventive des chômeurs, comme il y a une médecine préventive du travail ». Et de détailler les modalités de cette prise en charge, avec une première consultation « dans les deux à trois mois qui suivent la perte d’emploi », un deuxième rendez-vous « à six mois » pour les chômeurs dont l’état risque de se dégrader ou « après un an de chômage » pour les autres. Puis, deux ans après la perte d’emploi, « un dernier examen de prévention » pour orienter le chômeur, si besoin « vers des soins au long cours ».

Qui pour effectuer ces consultations préventives ? De l’avis de Michel Debout, elles pourraient « être le fait du médecin du travail ou d’un autre médecin, y compris généraliste, dès lors que cette intervention est pensée comme s’inscrivant dans ce moment de la perte d’emploi ». Il rappelle, en ce sens, que « le chômeur n’est pas malade » mais « il est dans une situation traumatique, dans un risque ». Un statut incertain, nécessitant, d’après lui, un regard préventif ouvrant à la personne sans emploi la possibilité de parler de sa situation. « L’important, c’est que quelqu’un puisse dire au chômeur `vous avez été traumatisé, vous pouvez en parler, ce n’est pas honteux’ », précise le médecin.

Dans l’esprit du psychiatre, cette réponse médicale devrait d’ailleurs être complémentaire d’autres actions. Soulignant que « la réponse ne peut pas être exclusivement médicale », Michel Debout précise que « c’est l’ensemble des acteurs qui doivent être sensibilisés : Pôle emploi, les acteurs associatifs, la famille, le réseau social qu’il y a autour de la personne ». Une réponse qui viendrait pallier au double abandon que vivent, selon le psychiatre, les chômeurs, « abandonnés par leur entreprise et abandonnés par la société à travers les questions que l’on peut se poser sur leur santé ».


Source : legeneraliste.fr