Une étude suggère un sevrage tabagique à la carte selon le métabolisme des fumeurs

Publié le 12/01/2015

Crédit photo : TONY MCCONNELL/SPL/PHANIE

La vitesse avec laquelle un fumeur élimine la nicotine de son organisme pourrait permettre de déterminer le meilleur traitement pour l'arrêt du tabac, selon une étude publiée lundi qui part du principe que les fumeurs métabolisent la nicotine à des rythmes différents. Pour distinguer ceux qui éliminent plus ou moins rapidement la nicotine, le professeur Caryn Lerman (Université de Pennsylvanie, Philadelphie, Etats-Unis) et ses collègues ont utilisé un biomarqueur de la vitesse d'élimination de la nicotine qui reflète l'activité d'une enzyme du foie, le CYP2A6. Ainsi, les niveaux de nicotine baissent plus rapidement chez les métaboliseurs dits normaux (60% des fumeurs) qui sont, de ce fait, susceptibles de fumer plus et de trouver plus difficile d'arrêter.

L’étude publiée dans The Lancet Respiratory Medicine a porté sur 1.246 fumeurs désireux de cesser de fumer, avec à peu près autant de métaboliseurs lents et normaux. Ils ont été répartis par tirage au sort en trois groupes : le premier traité avec des patchs à la nicotine et une pilule placebo, le deuxième avec le médicament varénicline (Champix® ou Chantix®) plus des patchs placebo, et le dernier était entièrement sous placebo (pilules et patchs).

A la fin du traitement (11 semaines), les métaboliseurs normaux qui avaient pris de la varénicline étaient presque deux fois plus à ne pas fumer que ceux utilisant le timbre à la nicotine, avec aussi de meilleures chances de s'abstenir encore six mois plus tard. Avantage aux patchs à la nicotine en revanche chez les métaboliseurs lents : les patchs ont eu chez eux la même efficacité que la varénicline, mais dans l'ensemble les personnes appartenant à cette catégorie ont rapporté plus d'effets secondaires indésirables avec le Champix®.

Les résultats de cette étude devraient conduire à développer un simple test sanguin pour évaluer le métabolisme de la nicotine afin que les médecins puissent mieux conseiller les patients, souhaitent les auteurs.


Source : legeneraliste.fr