Si « Le Généraliste » était paru en 1912

Une étiologie inconnue des bassins rétrécis

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Publié le 17/03/2017
Histoire

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Parmi les causes déterminant le rétrécissement du bassin chez la femme, M. Oreste Rigamonti (« Gazz. Degli Ospedali », n° 30) en signale une, peu ou pas connue, et qui aurait une certaine importance : il s’agit de l’habitude, commune à tous les paysans des hautes montagnes de porter la hotte. Le port de cette dernière, depuis l’âge de sept à huit ans, pendant de longues heures, le long des sentiers sinueux et difficiles de la montagne, et cela avec une charge pouvant atteindre jusqu’à 50 kg, ne peut manquer d’exercer une pression continuelle préjudiciable sur les régions lombaires et sacrées. D’où des altérations consécutives du bassin, consistant surtout dans une diminution du diamètre antéro-postérieur.

L’auteur cite des chiffres à l’appui de sa thèse : sur 399 accouchements qui eurent lieu dans un village de montagne de 3 500 habitants, pendant une période de deux ans, 54 fois le praticien eut affaire à un bassin rétréci, soit une proportion de 13.53 %. Ce chiffre est évidemment très élevé, si on le compare au pourcentage de la maternité d’une grande ville comme Milan où, pendant les treize années séparant 1894 de 1907, il y eut 36 sténoses pelviennes sur 10 681 accouchements, soit une proportion de 0.33 %.

Pour terminer, l’auteur établit les points suivants.

1- Toutes les femmes chez lesquelles il rencontra un rétrécissement du bassin avaient porté ou portaient la hotte.

2- Les rétrécissements les plus accentués ont été trouvés chez les personnes qui avaient porté la hotte le plus souvent ou pendant le plus long temps. Les deux bassins les plus étroits appartenaient à des femmes qui, depuis l’âge de onze ans, exerçaient la profession de porteurs et marchaient tous les jours avec leur fardeau pendant cinq à six heures.

3- Enfin, les rétrécissements les moins accusés ont été constatés chez les femmes qui, par leur situation de fortune, ou pour tout autre motif, avaient porté très peu la hotte ou ne l’avaient porté que depuis l’âge adulte.

(« Bulletin médical », repris dans la « Chronique médicale », 1912)


Source : legeneraliste.fr