Infectiologie

Une réinfection par SARS-CoV-2 double le risque de décès

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Publié le 14/11/2022

Selon une étude publiée dans Nature Medicine, une réinfection par le coronavirus augmente les risques de séquelles graves, d'hospitalisation et de mortalité toute cause.

Crédit photo : BURGER/PHANIE

Depuis le début de la pandémie par le SARS-CoV-2, il n'est pas rare que des patients aient contracté plusieurs fois le virus. Une étude américaine publiée dans Nature Medicine montre qu'une réinfection est loin d'être anodine, pouvant augmenter le risque des complications graves, c'est-à-dire d'hospitalisation et même de décès.

Pour leur travail, les auteurs se sont servis de la base de données nationale sur les soins de santé du Département américain des anciens combattants, et ont pu constituer une cohorte d'individus avec une infection par le SARS-CoV-2 (n = 443 588), une autre avec des cas de réinfections (deux infections ou plus, n = 40 947) et une cohorte témoin de sujets non infectés (n = 5 334 729). Dans la cohorte de patients réinfectés, 37 997 (92,8 %) personnes ont eu deux infections, 2 572 (6,3 %) en ont eu trois, et 378 (0,9 %) en ont eu quatre ou plus, entre le 1er mars 2020 et le 6 avril 2022.

Risque de décès multiplié par 2 et d'hospitalisation par 3

Parmi les principales conclusions de ce travail, l'article souligne que « la réinfection contribue à doubler les risques de décès (HR = 2,17), et à multiplier par 3 les risques d’hospitalisation (HR = 3,32) », mais aussi les risques de séquelles pulmonaires (HR = 3,54), de troubles cardiovasculaires (HR = 3,02), de troubles de la coagulation et hématologiques (HR = 3,10), d'une fatigue (HR = 2,33), etc.

Les auteurs de l'article précisent donc : « nos résultats montrent qu'au-delà de la phase aiguë, la réinfection par le Sars-CoV-2 contribue à des risques supplémentaires substantiels de mortalité toutes causes confondues, d'hospitalisation et de séquelles postaiguës ». Ces augmentations de risque ont été observées de manière plus prononcée en période aiguë de la réinfection, mais jusqu’à six mois après. Il a été aussi établi que ces risques cumulés augmentaient avec le nombre de réinfections.

Les auteurs de l'article admettent que « les mécanismes qui sous-tendent les risques accrus de décès et d'effets néfastes sur la santé en cas de réinfection ne sont pas complètement clairs ».

 


Source : legeneraliste.fr