Si « Le Généraliste » était paru en mai 1781

Ouverture d’un hydrophobe à l’Hôtel-Dieu

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Publié le 12/05/2016
Histoire

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Un habitant de Ruelle ayant été mordu par un chien enragé à la lèvre inférieure au début du mois de mai 1781 fut atteint quinze jours plus tard de mouvements convulsifs et d’autres symptômes qui annonçaient évidemment l’hydrophobie. L’horreur de l’eau et des autres fluides était décidée.

Le malade, porté à l’Hôtel-Dieu de Paris, deux jours plus tard, y mourut à son arrivée, qui était le troisième de la rage confirmée. M. Salin, docteur-régent et professeur de médecine de la Faculté, médecin du Chätelet, et connu par ses travaux sur les affections nerveuses et sur l’action des poisons, et qui avait communiqué aux médecins de l’Hôtel-Dieu ses vues et ses conjectures sur le siège de l’hydrophobie - sur laquelle il a déjà donné un travail précieux à la Faculté -désira d’être témoin de l’ouverture de cet hydrophobe, qui fut faite en leur présence.

On ouvrit la colonne vertébrale et on examina l’état de la moelle épinière, surtout à son origine et dans tout le trajet des vertèbres cervicales. Cette ouverture a prouvé que les conjectures de M. Salin sur le siège de cette maladie étaient fondées.

Il est à souhaiter que ce savant médecin ne perde de vue un objet aussi intéressant et poursuive une découverte qui peut mettre sur la voie d’un traitement rationnel et peut-être efficace. Nous invitons ceux qui seraient à portée de faire des observations sur le même sujet d’agir dans cette maladie comme s’ils avaient à faire à un engorgement inflammatoire des membranes de la moelle épinière et d’employer un traitement général et local convenable à cet état.

Il y a lieu d’espérer qu’avec le goût pour les recherches de ce genre et les lumières qu’on connaît à M. Salin, jointes aux efforts qu’on fait de tous côtés sur cette maladie, on pourra un jour avoir quelques notions claires et positives soit sur la théorie, le siège, soit sur le traitement de cette cruelle maladie, dont il n'y a point encore d’exemple bien constaté de guérison, lorsqu’elle a été confirmée.

(« La Gazette de santé », 1781)


Source : legeneraliste.fr