C'est arrivé en 80 après J.-C.

Naissance de Soranos d'Ephèse

Publié le 27/10/2014

Crédit photo : GARO/PHANIE

Soranos d'Éphèse peut être considéré comme le père de l'obstétrique, de la gynécologie et de la pédiatrie. Né à Ephèse, Soranos fit ses études à Alexandrie avant de venir, comme beaucoup de "princes de l'art médical " venus de Grèce (Dioscoride, Arrétée de Cappadoce, Archigène d’Apamée, Rufus d’Ephès...), apporter ses lumières à Rome sous le règne de Trajan, puis d'Hadrien. Après être allé en Aquitaine où ses compétences furent requises lors d'une épidémie qui causait des troubles dermatologiques, Soranos revint dans la cité impériale où sa pratique lui fait rejeter le déterminisme et le dogmatisme, s'attachant à l'observation et aux symptômes.

« Version podalique » dans l’accouchement

Ecrivain fécond, il fut l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages dont un « Traité sur les maladies aiguës et chroniques » et un « Traité sur les maladies des femmes » (Τ? Γυναικe?α / Tà Gunaike?a) en quatre livres. Dans ce dernier, il démontra que le fœtus est propulsé, non par ses efforts propres, mais par les contractions de l'utérus et proposa la « version podalique » qui consiste à saisir l'enfant par les pieds pour le retourner avant de l'extraire.

Soranos fut également le premier à réfléchir aux indications des avortements thérapeutiques pour préserver la future mère lorsque la grossesse met sa vie en danger. Ce Traité sur les maladies des femmes peut être considéré comme le plux complet écrit durant l'Antiquité, recouvrant aussi bien la grossesse et l'allaitement que l'accouchement. Soranos y définit aussi la puériculture comme l'art de décider « quels sont les nouveau-nés qui méritent qu'on les élève » et montre comment emmailloter un poupon et choisir une nourrice.

Longtemps connu par la seule paraphrase latine de Caelius Aurelianus, le Traité sur les maladies des femmes a été découvert en 1830 par Friedrich Dietz dans un manuscrit grec de la fin du xve siècle ), qui comprend également une version latine attribuée à un certain Mustio. Le traité a édité en 1927 par Johannes Ilberg dans le Corpus Medicorum Græcorum ; il a été traduit en français dans la collection Guillaume Budé par Paul Burguière, Danielle Gourévitch et Yves Malinas.


Source : legeneraliste.fr