C’est arrivé le… 1er mars 1757

Naissance d’Alexis Boyer, premier chirurgien de Napoléon 1er

Publié le 01/03/2015

Crédit photo : GARO/PHANIE

Fils d’un tailleur et d’une mercière, Boyer est né le 1er février 1757 à Uzerche, en Corrèze. Rentré comme clerc dans l’étude du notaire local, il est vite fasciné par ce qui se passe dans la boutique du chirurgien-barbier Antoine Cruvelhier. Celui-ci, ayant remarqué sa dextérité, l’engage comme aide-barbier et le laisse bientôt effectuer quelques actes de petite chirurgie.

Convaincu de ses dons, le jeune Alexis économise pendant un an pour pouvoir monter à Paris poursuivre des études médicales. Là, un étudiant en médecine de rencontre lui trouve un emploi de garcon-barbier.

Une jeunesse passée à fréquenter les salles de dissection

Passionné par l’anatomie, il passe tout son temps libre à fréquenter les salles de dissection, écoutant, observant et apprenant en silence. Assistant aux cours en auditeur libre, il lave et aiguise le soir les instruments sales des étudiants après leur départ. Reconnaissants, ceux-ci vont bientôt lui permettre de participer à des dissections où il fait merveille.

Devenu démonstrateur, il donne aussi des cours d’anatomie pour subvenir à ses études. Au bout de cinq ans, il obtient la médaille d’or à l’École Pratique de la Faculté de médecine. Un an plus tard, en 1782, on le retrouve à l’hôpital de la Charité où il a notamment pour maître Pierre-Joseph Desault. Un service lui est confié à l’hôpital après qu’il ait remporté en juillet 1787 par concours un poste de chirurgien.

Patriote enthousiaste, Boyer participe en 1789 à la prise de la Bastille aux côtés des étudiants du Collège de médecine. En 1792, après délibération de l’Assemblée nationale, il est nommé chirurgien en second à La Charité.

En 1795, il devient professeur de médecine opératoire à l’École de Santé de Paris nouvellement créé avant de se faire confier la chaire de Clinique externe. En 1797, il publie le premier des quatre tomes de son « Traité complet d’anatomie, description de toutes les parties du corps humain », un ouvrage de référence qui sera réédité quatre fois. Chaque jour, durant cette période, il enseigne dans quatre disciplines : anatomie, médecine opératoire, pathologie externe et clinique chirurgicale.

En 1804, il est nommé membre du service de chirurgie de l’Hôtel-Dieu avant de succéder à Desaut à la chaire de Clinique chirurgicale.

En 1805, sur la recommandation de Corvisart, il devient premier chirurgien de Napoléon 1er et l’Empereur apprécie aussitôt son intégrité et son inimaginable force de travail. Boyer va participer aux campagnes de Prusse et de Pologne avant que Napoléon l’envoie en Espagne opérer le Maréchal Suchet.

Pour le remercier de son dévouement, l’Empereur va donner le titre de Baron d’Empire à Boyer le 31 janvier 1810 et, surtout, l’autorise à rejoindre l’hôpital de la Charité pour y poursuivre son enseignement qui lui tient tant à cœur.

Aujourd’hui, je perds tout, mais ce soir je lirai une page de Sénèque et je n’y penserai plus… »

À l’abdication de Napoléon, Boyer qui appréciait les honneurs sans les rechercher s’exclama : « Aujourd’hui, je perds ma dotation, 25 000 francs de traitement et, en même temps, ma place de premier chirurgien de l’Empereur. J’ai cinq chevaux, j’en vendrai trois, je garderai la voiture qui ne me coûte rien… Je perds tout, mais ce soir je lirai une page de Sénèque et je n’y penserai plus… »

Membre de l’Académie de médecine en 1820 (section de chirurgie) puis de l’Académie des Sciences en 1825, Boyer deviendra successivement chirurgien de Louis XVIII, Charles X et Louis-Philippe.`

Sa femme meurt en 1832 et il ne s’en remet pas, la rejoignant dans la tombe mois d’un an plus tard, en 1833.


Source : legeneraliste.fr