Pharmacovigilance

Evusheld, l’ANSM réitère ses conseils de prudence pour les patients à haut risque CV

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Publié le 07/11/2022

Crédit photo : adobe stock.com

« La prudence s’impose avant d’envisager l’administration d’Evusheld chez des patients à haut risque d'événement cardiovasculaire ».

À l’occasion de la publication des dernières données relatives aux effets indésirables des médicaments utilisés dans le Covid-19, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) revient sur les risques cardiovasculaires associés à la bithérapie d’anticorps monoclonaux anti-SARS-CoV-2 tixagévimab/cilgavimab (Evusheld, laboratoire AstraZeneca).

Huit nouveaux cas déclarés

En date du 15 septembre 2022,« huit nouveaux cas d'événements cardiovasculaires ou thromboemboliques avaient été déclarés depuis le dernier comité de suivi, confirmant les informations sur le risque d’évènements cardiovasculaires et/ou thromboemboliques qui figure déjà dans les documents d’information d’Evusheld (notice et RCP) » résume l’ANSM.

Compte tenu des caractéristiques des patients « souvent polymédiqués et présentant plusieurs comorbidités », le rôle d’Evusheld dans la survenue de ces évènements « est difficile à établir », reconnaît le Centre de Pharmacovigilance de Toulouse en charge de la surveillance. Dans la majorité des cas, les patients avaient en effet des facteurs de risque cardiovasculaires et certains recevaient également des médicaments connus comme pouvant être associés à des effets indésirables cardiovasculaires (ibrutinib, rituximab, lenalidomide/dexamethasone par exemple). 

Pour autant, l’ANSM invite à la prudence chez les sujets à haut risque d’évènements CV. En cas de prescription, « les patients devront être avertis des premiers symptômes d’évènements cardiovasculaires (notamment douleur thoracique, essoufflement, malaise, etc.) et de la nécessité de consulter immédiatement un médecin en cas d’apparition de ces symptômes ».

À noter par ailleurs, au chapitre des signaux potentiels déjà sous surveillance, un risque d'« inefficacité médicamenteuse ».

Ivermectine, azithromycine et hydroxychloroquine : encore des mésusages

Concernant les autres anticorps monoclonaux utilisés dans le traitement du Covid-19 « aucun nouveau signal n’a été confirmé à ce jour avec Xevudy et Ronapreve », indique l’ANSM.

De même, alors que le conseil scientifique a récemment appelé à amplifier l’usage du Paxlovid, aucun signal n’a été confirmé à ce jour pour cet anti-viral anti-SARS-CoV-2. « L’analyse du signal potentiel d’élévation de la pression artérielle se poursuit », précise l’ANSM, deux nouveaux cas ayant été déclarés sur la dernière période. Les autres effets indésirables déclarés sont connus, avec notamment un risque important d’interactions avec d’autres médicaments.

Enfin, pas de nouveau signal non plus concernant les traitements non spécifiques du Covid. En revanche, « le mésusage concernant l'ivermectine, l'azithromycine et l'hydroxychloroquine persiste, malgré les données n'ayant pas mis en évidence d'effet bénéfique en traitement curatif ou prophylactique du Covid-19 ». 


Source : legeneraliste.fr