Economies : le Leem ne veut pas porter le chapeau

Publié le 17/04/2014

L'industrie du médicament refuse de supporter à elle seule l'essentiel des dix milliards d'euros d'économies annoncées dans l'assurance maladie, via des baisses des prix, et appelle le gouvernement à mener des réformes structurelles, a indiqué jeudi le Leem. "Le seul moyen de rééquilibrer les comptes de façon pérenne est de s'attaquer à des réformes structurelles", indique Patrick Errard, président du Leem (Les entreprises du médicament), qui rappelle que le médicament ne représente que 15% des dépenses d'assurance maladie contre 50% pour l'hôpital. "Contribuer à 50% au redressement des comptes quand on ne pèse que 15%, c'est visiblement un déséquilibre qui ne se justifie pas", s’indigne Patrick Errard, qui refuse que le médicament soit considéré comme "le pivot de la recherche de nouvelles économies" par le gouvernement

Pour les industriels , les économies sur le prix des médicaments constituent une "menace" pour cette industrie en France. "Le déséquilibre de cette régulation économique remet aujourd'hui en cause l'outil industriel de production", regrette le Leem, qui assure que les investissements productifs ont baissé de 44% ces quatre dernières années dans le secteur des médicaments en France, entraînant "une perte d'emplois en production".

A la place, le président du Leem estime que les efforts doivent porter avant tout sur les hôpitaux. "Il faut le faire de manière intelligente. Il ne s'agit pas de rendre les hôpitaux exsangues ou de les mettre dans des difficultés supérieures à celles qu'ils connaissent déjà", souligne-t-il.

A moyen terme, le Leem préconise "la fixation d'une loi de financement, non plus annuelle, mais pluriannuelle, qui confère davantage de visibilité aux acteurs du système de santé, tout en contribuant à l'effort de réduction des déficits, notamment par des actions structurelles". "Concilier les enjeux de réduction des déficits et de contribution des entreprises du médicament au retour à la croissance du pays est devenu quasi impossible du fait du recours massif aux baisses de prix", assure en conclusion le secteur.


Source : legeneraliste.fr