182 médicaments préenregistrés : le Leem annonce "le retour de l’innovation"

Publié le 22/01/2015

Crédit photo : LEEM

"Oui, l’innovation revient!" C’est le Dr Patrick Errard qui l’affirme. En présentant ses vœux 2015, le président du Leem (Les entreprises du médicament) a insisté sur ces "grandes innovations de rupture" qui vont bouleverser le marché pharmaceutique et, selon lui, "transformer radicalement la prise en charge des patients." Les chiffres du patron des patrons de laboratoires pharmaceutiques parlent d’eux-mêmes : 182 médicaments sont préenregistrés pour une mise sur le marché en 2015 "avec une présence forte de nouveaux anti-infectieux et antiviraux et de produits dans le traitement de l’oncologie et des neurosciences." A l’horizon 2017, ce ne sont pas moins de 462 spécialités et à l’horizon 2008, 1423 qui, selon le Leem, viendront compléter l’arsenal thérapeutique dans ces mêmes domaines.

Dans ce contexte qu’il estime porteur, le Leem déplore les mesures de court terme qui lui sont, année après année, imposées. A l’en croire, les investissements industriels dans le secteur ont reculé de 120 millions d'euros en trois ans et "40.000 emplois sont menacés". Et sur les 130 nouvelles molécules enregistrées en Europe entre 2012 et 2014, seulement 8 sont fabriquées en France, a-t-il ajouté. Pour inverser le cours des choses, le président de la Fédération de l'industrie pharmaceutique, a appelé jeudi à "un dialogue refondé" avec les pouvoirs publics. "Il y a, selon lui, un problème urgent (...) de préserver l'outil industriel" et "d'attirer l'outil que nous n'avons pas encore sur notre territoire, celui des biotechnologies".

Le patron du Leem a écrit en ce sens au Premier ministre pour proposer "un dialogue refondé" avec l'Etat dans lequel le CSIS (Comité stratégique des industries de santé) serait "la clé de voûte" d'une stratégie des enjeux de santé et le "garant d'une régulation pluriannuelle", a-t-il expliqué. Une décision qui marque une rupture avec la suspension, décidée en mai 2014, de sa participation aux travaux du CSIS et du comité stratégique de filière (CSF) pour protester contre les "économies sur le médicament" dans la politique de santé. Patrick Errard a aussi plaidé pour "une politique conventionnelle renouvelée" en refusant "une étatisation de la régulation". Pour ce faire, le Leem fera "avant le printemps" des propositions à la ministre de la Santé pour bâtir un nouvel accord cadre, alors que l’actuel expire à la fin de l’année.

Des discussions qui s’ouvriront, alors que le marché du médicament patine. Philippe Tcheng, en charge des questions économiques au Leem, a indiqué que le marché pharmaceutique français devrait être en croissance de 2 à 3% en 2014, mais essentiellement tiré par les ventes du Sovaldi®, le traitement de l'hépatite C de Gilead. Hors cet élément, le marché du médicament de ville remboursé serait en recul de 2%, pour la troisième année consécutive, selon les chiffres provisoires qu'il a présentés.


Source : legeneraliste.fr