Si « Le Généraliste » était paru en janvier 1926

Les inconvénients des cheveux courts pour les dames

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Publié le 25/01/2016
Histoire

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Il vient d’arriver ceci d’effarant : un médecin tudesque, qui a l’air d’un homme fort savant, vient de proclamer, à la suite de longues expériences, apparemment probantes qu’à force de se faire ainsi raser la nuque, les dames vont, de façon certaine, au-devant d’une floraison du système pileux autrement plus accentuée que si elles avaient laissé leurs cheveux pousser à loisir.

La Nature veut cette compensation. Les glandes productrices du système pileux sont exigeantes et la menace est cruelle. Plus une femme se fera raser les cheveux, plus ses lèvres délicates auront de chances de s’orner d’une ombre inopportune.

« Billevesées ! Sornettes ! », diront les sceptiques. Pas une des beautés à la mode, ainsi rasée au fil, ne s’est plainte, jusqu’ici, d’avoir des moustaches. »

« Minute, répond le herr professor. Elles ne perdront rien pour attendre. Cette compensation physiologique dans le développement pileux est à retardement. Il paraîtrait que celles qui auront sacrifié ainsi, dès leurs jeunes années, les épaisses torsades que leur offrit le Créateur, auront des moustaches inéluctables quand sonnera la quarantaine. »

Évidemment, elles peuvent se les faire raser aussi ou – si le masculinisme envahissant intensifie la triste vogue qu’il connaît en ce moment – il leur sera loisible de les accommoder avec élégance et de porter ces ornements naturels supplémentaires, sinon à la « Vercingétorix », mais peut-être à la « Charlot » .

Croyez que les coiffeurs y trouveront leur compte. Les maris peut-être moins…

(L’Éclaireur de Nice, janvier 1926)

La garçonnite

C’est la nouvelle dermatose que décrit dans le « Bruxelles médical » notre excellent confrère Bernard. Elle consiste en « de petites taches d’eczéma, faisant leur apparition sur la nuque à l’endroit précis où, abandonnant le ciseau pour la tondeuse, les artistes de la chevelure se mettent à couper au ras de la peau des cheveux qui, jadis, faisaient l’orgueil du sexe faible ».

La « garçonnite » s’accompagne d’un prurit plus ou moins intense ; le grattage amène même des « garçonnites lichénifiées et des garçonnites impétigineuses ».

Avis à ces dames : elles savent maintenant ce qui les attend.

(Gazette des hôpitaux, janvier 1926)


Source : legeneraliste.fr