Les cancers en France : bilan globalement positif selon l’INCa

Publié le 03/02/2015

Crédit photo : SPL/PHANIE

Le bilan 2014 des cancers en France vient d’être publié par l’INCa. Il est globalement positif puisqu’on constate un taux d’incidence qui baisse ou tend à se stabiliser depuis 2005. Chez les hommes, cette baisse est de 1,3% par an depuis 2005 et est liée à une diminution d’incidence du cancer de la prostate. Chez les femmes, on assiste à un ralentissement de la progression d’incidence. Elle n’est plus que de +0,2% par an après 2005, au lieu de +1,6% entre 1980 et 2005. En cause : la baisse de l’incidence du cancer du sein. Malgré cette baisse, note le rapport, on assiste à une hausse du nombre de nouveaux cas de cancers, en raison de l’augmentation et du vieillissement de la population (355 000 nouveaux cas par an). Quant aux décès par cancers, ils sont de 148 000 chaque année (85 000 chez l’homme et 63 000 chez la femme).

 

Le rapport pointe les différences d’évolutions en fonction des localisations. Ainsi, l’incidence et la mortalité ont diminué pour les cancers de l’estomac, le col de l’utérus, ainsi que pour le cancer de l’œsophage et des VADS chez l’homme. Alors que pour le cancer du poumon chez la femme, le mélanome cutané et le cancer du système nerveux central, l’incidence et la mortalité ont augmenté. La survie à 10 ans des personnes atteintes varie également considérablement selon la localisation, puisque de 93% pour le cancer du testicule et de 92% pour  celui de la thyroïde chez la femme, elle passe à 6% pour le cancer du foie et à 1% pour le mésothéliome pleural.

Autres tendances forte : la chirurgie ambulatoire des cancers est en plein essor, puisqu’elle représentait 20,5% des hospitalisations pour chirurgie du cancer en 2013 contre 16,7% des séjours en 2010. Une augmentation de la prise en charge ambulatoire aussi constatée pour la chimiothérapie avec une augmentation de 3% des séances en hôpital de jour. Et en matière de chimiothérapie les thérapies ciblées représentent près de 71% des dépenses d’anticancéreux pour le secteur public (82% pour le secteur privé). Par ailleurs, pour la radiothérapie, dans 73% des cas sont utilisées des techniques standard, et dans 24,8% la radiothérapie conformationnelle avec modulation d’intensité.

 

Au chapitre « Recherche », le rapport de l’INCa note ensuite une hausse de 102% des patients inclus dans les essais thérapeutiques depuis 2008. Enfin, concernant les conséquences de la maladie, 3 personnes sur 5 déclarent avoir conservé des séquelles après un diagnostic de cancer et on constate qu’au plan social, la situation professionnelle des patients cancéreux s’est considérablement dégradée deux ans après le diagnostic (avec un taux de chômage passé de 7% à 11% depuis 2010) .


Dr Alain Dorra

Source : legeneraliste.fr