Si « Le Généraliste » était paru en 1906

Le bien et le mal semblent bien héréditaires

Par
Publié le 05/09/2017
histoire

histoire

Le  « super-intendant de l'assistance aux enfants négligés de l'État de Manitoba » rappelle dans un rapport récent le contraste présenté par deux familles américaines, les familles Edwards et Jukes.

Jonathan Edwards naquit dans le Connecticut en 1703. En 1900, des recherches permirent de retrouver les traces de 1394 de ses descendants ; 13 furent présidents et 14 professeurs dans des universités ; 60, médecins ; 100, prêtres ou pasteurs ; 75, officiers des armées de terre ou de mer ; 60, littérateurs ; 130, juges, avoués ou avocats ; 80, fonctionnaires ; 3, sénateurs ; 1, vice président des États-Unis ; 1, président d'une grande compagnie de navigation ; plusieurs furent gouverneurs d'États, membres du Parlement, maires, ministres plénipotentiaires. 33 États américains et 92 villes, plusieurs pays étrangers, profitèrent de l'activité bienfaisante de cette famille, dont aucun membre ne fut condamné à une peine infamante.

Max Jukes naquit en 1720. Il fut un paresseux et un ivrogne. Parmi ses descendants, 310 moururent dans un hospice, 300 décédèrent pendant l'enfance, 440 souffrirent de maladies vénériennes, 400 devinrent malades ou infirmes par suite de leurs vices, 50 furent d'une immoralité notoire ; 7 commirent des meurtres ; 60 passèrent, en moyenne, douze ans en prison ; 130 furent condamnés pour délits plus ou moins fréquents ou plus ou moins graves. Aucun des descendants de Max Jukes ne contribua à la prospérité générale, et, au contraire, on a calculé que cette famille avait coûté à la Société environ 6 millions de francs. Heureusement, elle paraît éteinte.

(La Revue philanthropique, repris par Paris médical, 1911)


Source : legeneraliste.fr