Cocaïne

La DGS publie un guide sur le crack et la « free base »

Publié le 28/01/2014

Crédit photo : OGDEN GIGLI / BSIP

La Direction générale de la Santé et la MILDT rendent public aujourd’hui le premier guide de prévention sur un mode consommation particulière de cocaïne, celui de cocaïne basée, « crack » ou « free base ». Certes orienté sur la lutte contre l’usage de cette drogue illicite, cette publication a d’abord pour vocation la réduction des risques et cible en priorité les professionnels de santé spécialisés en addictologie.

Pour la DGS, trois raisons principales justifient de proposer un guide rassemblant les données connues sur l’usage de cocaïne basée. Celui de dépendance qui est le risque sanitaire majeur pour ce type de substance. Mais aussi les risques sanitaires associés à la consommation de cocaïne basée, notamment les risques de contamination par les hépatites virales (hépatite C, hépatite B) lors du partage des pipes à crack. Et d’autre part, cette forme de consommation de cocaïne expose, comme pour la voie injectable, aux overdoses, alors qu’elle peut paraître moins dangereuse.

Pour les non initiés, rappelons que la cocaïne se présente sous plusieurs formes : une forme chlorhydrate (poudre blanche) obtenue à partir de la feuille de coca, destinée à être consommée par voie intranasale (sniff) ou par voie intraveineuse (injection). L’autre forme de consommation qui nous occupe dans le cas présent, moins connue, est celle de la cocaïne consommée sous forme de « base ». Il s’agit de poudre de cocaïne additionnée de bicarbonate de soude ou d’ammoniaque qui modifie sa présentation et son mode de consommation. Elle se présente alors sous forme de « caillou » ou de « galette » et elle est destinée à être inhalée (fumée).

Ainsi, la cocaïne achetée déjà basée (en amont de la vente) est appelée crack ; elle est principalement consommée par des groupes d’usagers spécifiques très désinsérés. Les consommateurs plus insérés consomment le même produit basé après achat (ils le préparent eux mêmes de manière artisanale après achat) et le nomment « free base » ; cette forme connaît une grande diffusion en milieu festif. Fumer de la cocaïne basée provoque des effets bien plus intenses et plus brefs que ceux de la cocaïne administrée par voie nasale, et les manifestations dépressives qui lui succèdent sont encore plus marquées.

Parmi les produits illicites autres que le cannabis, la cocaïne est actuellement la substance la plus expérimentée en France et son usage est en constante progression. L’estimation du nombre d’expérimentateurs atteint 1,5 million de Français en 2010. Et parmi les18-64ans, 0,8% de la population française avait expérimenté la cocaïne en 1992. Ce chiffre passe à 3,8% en 2010.

Et pour en savoir plus sur la prise en charge des consommateurs de cocaïne, la HAS publiait en 2010 une recommandation détaillée.

Dr Linda Sitruk

Source : legeneraliste.fr