Hépatite E : faut-il dépister les donneurs de sang ?

Publié le 28/07/2014

Un donneur de sang sur près de 3.000 est porteur, en Angleterre, du virus de l'hépatite E, selon une étude, publiée lundi dans The Lancet, à l'occasion de la journée mondiale contre l'hépatite. L'étude, une analyse systématique des dons de sang, montre que 79 dons sur 225.000 étaient infectés par une version du virus (VHE), le génotype 3, prédominant dans les pays développés. Le virus a été transmis à 18 des 43 patients (42%) transfusés avec des produits sanguins positifs aux tests, indiquent les auteurs.

Le Dr Richard Tedder (Unité des virus à diffusion hématogène du service de santé publique, Londres) et ses collègues estiment qu'il y a "entre 80.000 et 100.000" infections par le virus E de l'hépatite par an en Angleterre. Une fréquence similaire a été rapportée en Suède et en Allemagne, suggérant que le virus est répandu sur le continent européen, notent-ils. Selon l'étude, le risque est néanmoins faible.

Il n'y a par conséquent, selon ses auteurs, "aucun besoin urgent actuellement pour un dépistage des dons du sang". Une conclusion "surprenante", juge le professeur Jean-Michel Pawlotsky, spécialiste des hépatites virales (hôpital Henri Mondor, Paris, France), dans The Lancet. Interrogé par l’AFP, il estime au contraire qu’"un dépistage systématique des dons du sang pour l'hépatite E doit être mis en oeuvre dans les régions où le virus est endémique, dont l'Union européenne, et y compris en France".

Dans le monde, le nombre d'infections par le virus (VEH/HEV) est estimé à 20 millions chaque année, les cas aigus d'hépatite E à plus de 3 millions et le nombre de décès à 56.000, selon l'OMS.


Source : legeneraliste.fr