Hépatite C : trop de patients ne sont pas traités en Europe, déplore l’OMS

Publié le 09/04/2014

La quasi-totalité des 185 millions de personnes atteintes d'hépatite C n'ont pas accès aux traitements, a dénoncé mercredi l'OMS. Ces recommandations sont parues la veille de l'ouverture à Londres du Congrès international sur le foie (EASL). Alors que l'hépatite C peut être guérie avec des antiviraux (90% de réussite pour les nouveaux traitements, et 50 à 60% de réussite pour les traitements de référence), seuls entre 2 à 3% des patients reçoivent un traitement au sein de l'Union européenne, déplore Stefan Wiktor, responsable du programme mondial de lutte contre l'hépatite à l'OMS. La France fait légèrement mieux, avec 6% des malades recevant un traitements, a-t-il noté. L'OMS dispose de très peu de statistiques pour le reste du monde, mais ses experts estiment que les chiffres sont ridiculement bas.

Première raison invoqiuée par l’OMS : un bon nombre de patients ne savent pas qu’ils sont porteurs du virus car la grande majorité d'entre eux sont asymptomatiques. L'OMS recommande donc désormais un test de dépistage pour les personnes considérées comme très exposées au risque d'infection.

Deuxième obstackle : le prix. "Actuellement, le traitement contre l'hépatite C est trop cher pour la plupart des malades qui en ont besoin", dénonce Peter Beyer, conseiller à l'OMS. "Les gouvernements, les agences internationales, les donateurs, la société civile, et l'industrie pharmaceutique vont devoir travailler ensemble pour aider à garantir que le traitement de l'hépatite C est abordable et accessible pour tout ceux qui ont besoin d'un traitement", indique l'OMS. Ainsi, le sofosbuvir, le nouveau traitement de 12 semaines de l'américain Gilead (déjà autorisé aux USA et en Europe), est facturé 84.000 dollars aux Etats-Unis, quelques 1.000 dollars la tablette, selon Peter Beyer.

Enfin, l'OMS, appelle à "élargir l'accès" aux traitements à travers des politiques nationales et la mise en place d'une stratégie mondiale, comme cela a été fait dans le cadre de la lutte contre le sida.


Source : legeneraliste.fr