Fin de vie: les députés repoussent l’euthanasie, mais Raffarin et Accoyer craignent des dérives

Publié le 11/03/2015

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Alors que l’examen de la proposition de loi Clæys-Léonetti se poursuit à l’Assemblée Nationale, l’UMP Jean-Pierre Raffarin (photo) a exprimé ses doutes et ses craintes vis-à-vis de la sédation terminale. Il dénonce à terme une "course à l’amendement" amenant à "l’euthanasie". "Je pense que la mort appartient à la vie ou la vie appartient à la mort. Tout cela est au-dessus de nous," a expliqué l’ancien premier ministre, se plaçant sur le même terrain que les responsables des religions qui ont publié en début de semaine une tribune dans Le Monde.

Jean-Pierre Raffarin n’est pas le seul à droite, à s’inquiéter de la tournure prise par le débat. Pour le Dr Bernard Accoyer, ancien président de l’Assemblée Nationale, la loi "semble éviter que l'on glisse vers cette perspective mais hier le Premier ministre et la ministre de la Santé ont eu des propos qui évoquaient la technique des petits pas pour aller vers l'euthanasie. Cela, nous n'en voulons pas"

Néanmoins, l'Assemblée nationale a rejeté mercredi, par 89 voix contre 70, des amendements à la proposition de loi sur la fin de vie qui autorisaient "une assistance médicalisée active à mourir". Présentés par une partie des socialistes, les radicaux de gauche et les écologistes, ils avaient reçu un avis défavorable des deux rapporteurs de la proposition de loi, Alain Claeys (PS) et Jean Leonetti (UMP), ainsi que de Marisol Touraine. La proposition de loi s'en tiendra donc à un "droit à la sédation profonde et continue" jusqu'au décès, ainsi qu'au caractère contraignant pour les médecins des "directives anticipées". Les députés, qui vont continuer à débattre du texte mercredi soir, se prononceront sur l'ensemble de la proposition de loi par un vote solennel mardi prochain.


Source : legeneraliste.fr