Courrier des lecteurs

Élus, lisez le serment d’Hippocrate

Publié le 05/04/2019

Jeu de dupes Ingrats corporatistes, nantis aux études payées par l'État, méchants, etc. : nos élus adorent casser les médecins. Pour maquiller leur médiocrité, ils vont aussi jusqu'à brandir le serment d'Hippocrate, qui pour tout député à court d’idée signifie : « Je donnerai mes soins gratuits aux indigents et à quiconque me les demandera. »

Qu'on arrête de me parler d'argent. Lorsque je consulte un demandeur d'asile avec son seul sauf conduit ou un patient en fin de droits, je ne touche rien. Je ne facture pas les certificats de décès. Saluons aussi les hospitaliers qui, sous-payés, tiennent l'hôpital public avec une main-d’œuvre corvéable, compétente et bon marché : les externes et les internes, qui font économiser chaque année 80 000 à 200 000 euros à l'État.

Et ne renversons pas les responsabilités. Plutôt que d’imputer aux électeurs une hausse des cotisations, l'État a évité la revalorisation des tarifs opposables (d’après les nouveaux outils techniques et les cotisations assurantielles en hausse), laissant ainsi exploser les dépassements.

J’ai bien vérifié, rien dans ce serment ne nous contraint à nous installer là où il n'y a plus de service public, plus d'école et pas d'emploi pour nos compagnes. Qui souhaite se sacrifier pour compenser l’incapacité des politiques, qui de numerus clausus en ECN, d'ordonnances Juppé en Loi Touraine ont contribué à dégoûter les jeunes de l'installation libérale, et préfèrent enfoncer la tête des médecins sous l'eau  ?

« Au moment d'être admis à exercer la médecine, je promets et je jure de rester fidèle aux lois de l'honneur et de la probité… » Ce serment, je l'ai prêté en 2014. Y repenser me procure toujours cette émotion forte. Il nous distingue des autres filières, disait le président de mon jury de thèse. Comme il avait raison. J’invite les politiques à le lire… pas à le prêter, ils se parjureraient dans la foulée et se verraient, une fois de plus, déshonorés et méprisés.

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Dr Martin Ambroise, Dijon (Côte-d’Or)

Source : Le Généraliste: 2868