Coronavirus : l'accès à l'IVG médicamenteuse étendu à 9 semaines en ville, la HAS édite des recos

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Publié le 14/04/2020
IVG

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Crédit photo : GARO/PHANIE

À la demande du ministère des Solidarités et de la Santé, la Haute autorité de la santé (HAS) vient de donner son feu vert et d’émettre des recommandations pour que les IVG médicamenteuses à la 8et 9e semaine d’aménorrhée (SA) puissent être effectuées en dehors du milieu hospitalier. Ces recommandations ont été établies rapidement dans le but de « garantir une réponse aux demandes d’IVG », en tenant compte de la situation sanitaire exceptionnelle liée à l’épidémie de Covid-19.

Deux protocoles possibles

En effet, selon l’actuelle réglementation, la réalisation de l’IVG médicamenteuse à la 8e et à la 9e semaine d’aménorrhée (de 50 à 63 jours d’aménorrhée) n’est pas possible en dehors d’un établissement de santé. Or l’épidémie rendant l’accès aux hôpitaux et cliniques plus compliqué, la HAS a élaboré ces recommandations en spécifiant les bonnes pratiques à adopter.

Ainsi, il est recommandé de prescrire :

‒ une prise de 200 mg de mifépristone par voie orale suivie, 24 à 48 heures plus tard, de 800 μg de misoprostol par voie orale, sub-linguale ou jugale ;
OU
‒ une prise de 600 mg de mifépristone par voie orale suivie 24 à 48 heures plus tard, de 800 μg de misoprostol par voie orale, sub-linguale ou jugale.

Deux dosages différents de mifépristone sont laissés au choix du prescripteur, précise la HAS qui ajoute avoir consulté l’Agence nationale de la sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) qui « souscrit à ces deux protocoles ». L’agence de santé précise : « L’administration par voie vaginale de comprimés de misoprostol destinés à la voie orale est à proscrire ».

Contre la douleur, pas d'AINS

La prise en charge des douleurs engendrées par cet IVG ne doit pas se faire avec des AINS - en particulier l'ibuprofène - qui sont déconseillés en cas de Covid-19. La HAS recommande d’associer paracétamol à la codéine ou opium. Par ailleurs, en raison de ces douleurs qui peuvent être importantes, il est conseillé à la femme de ne pas rester seule à son domicile (nécessité d’une dérogation de déplacement). Et un arrêt de travail peut être aussi envisagé.

Précautions et mises en garde

Enfin dans sa « fiche de réponses rapides dans le cadre du Covid-19 », la HAS rappelle certaines précautions et mises en garde, comme celle du risque d’avoir recours à une intervention chirurgicale pour traiter un avortement incomplet (2 à 5 % des femmes ayant pris l’association mifépristone-misoprostol, selon l’OMS) ; ou encore de prévoir l’éventuel transport de moins d’une heure entre un établissement de santé et le domicile de la patiente suite à l’administration de misoprostol.


Source : legeneraliste.fr