Coronavirus et lésions cutanées, le doute persiste

Publié le 16/04/2020
Loupe

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Crédit photo : JOHNNY GREIG/SPL/PHANIE

Des signes cutanés ayant été récemment rapportés comme possiblement associés au Covid-19, la Société Française de Dermatologie (SFD) a lancé un appel à cas national afin de confirmer ou non cette association, en documentant précisément les choses dans le cadre de l’enquête Covidskin.

Un premier point d’étape daté du 15 avril apporte de premiers éléments de réponses, sans pour autant permettre de conclure définitivement ni dans un sens ni dans l’autre.

Les engelures au premier plan

113 cas ont été rapportés avec une fiche d’information détaillée par des dermatologues et des généralistes. Le groupe le plus important est celui des patients présentant des lésions à type d’engelures avec 84 patients, 36 hommes, 48 femmes, âgés de 9 à 67 ans. Un peu moins de la moitié n’ont eu aucun autre symptôme. Pour les 45 autres, les signes associés étaient non graves (aucune hospitalisation), et dans la majorité des cas, il s’agissait de signes isolés (asthénie et/ou toux le plus souvent, ou fièvre, myalgies). Un seul patient a présenté une anosmie. Ces signes étaient le plus souvent antérieurs à la survenue des lésions à type d’engelures (8 à 15 jours auparavant). Dix patients rapportaient un contage Covid possible ou probable dans les deux-trois semaines précédentes. Dans 32 cas, une PCR nasopharyngée a été réalisée et s’est révélée négative pour tous les patients (18) pour lesquels les résultats étaient disponibles au moment du bilan.

Au total, les engelures apparaissent donc comme « une manifestation inhabituellement fréquente en cette saison, non associée à une sévérité particulière, et pouvant parfois faire suite à des signes de type infectieux minimes, avec pour les cas explorés une PCR négative, ce qui n’exclut pas une possible infection Covid antérieure, mais ne permet pas non plus à ce stade de l’affirmer, résume la SFD. Les études en cours devront le démontrer et le cas échéant préciser le mécanisme physiopathologique ».

Fait important, « ces données ne montrent aucun argument en faveur d’une contagiosité potentielle de ces patients ».

« À noter que des travaux récemment menés par l'équipe du Pr Joly à Rouen, actuellement soumis à publication, suggèrent de façon très convaincante sur 33 patients, l'absence de relation entre ces lésions cutanées et l'infection par le COVID-19 », précise par ailleurs la SFD.

D'autres lésions très hétérogènes

Les autres patients présentaient des manifestations très variées, à type d’éruptions érythémateuses du visage (les plus fréquentes) d’urticaires, d’exanthèmes maculopapuleux, d’œdèmes du dos des mains, d’érythème noueux, de livédo ou de présentations à type de pityriasis rosé de Gibert. Dans ce groupe hétérogène, une PCR a été effectuée chez 16 patients et s’est révélée positive dans 6 cas avec des signes infectieux généraux au premier plan et où l’atteinte cutanée n’était pas révélatrice. 

Bénédicte Gatin

Source : legeneraliste.fr