Coronavirus : antihypertenseurs, on ne change rien !

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Publié le 19/03/2020
Prise de tension

Prise de tension
Crédit photo : GARO/PHANIE

Les patients hypertendus sous sartan (ARA2) ou inhibiteur d’enzyme de conversion (IEC) présentant une infection par Covid-19 ou à risque d'infection, doivent garder le même traitement et donc ni l’arrêter, ni le modifier. C’est le message délivré par le Comité français de lutte contre l’HTA (CFLHTA) et l'European Society of Cardiology (ESC).

Un questionnement vis-à-vis de ces médicaments anti-hypertenseurs provient du fait que lors de la contamination des cellules, le virus Sars-CoV-2 se lie à l’enzyme de conversion de l’angiotensine 2. Or il se trouve que les IEC comme les bloqueurs des récepteurs de l’angio 2 (sartan) augmentent les taux de l’enzyme de conversion de l’angiotensine 2 (ACE2). Aussi a-t-on craint que ces deux familles d’anti-hypertenseurs facilitent la contamination, ou ne l’aggravent.

Un article du Lancet Respiratory Medecine du 11 mars a nourri cette inquiétude. Cet article qui s’est spécialement intéressé à certaines populations de malades : hypertendus et diabétiques. Ainsi les auteurs ont indiqué que l’expression d’ACE2 est significativement augmentée chez les diabétiques de type 1 ou de type 2 traités par IEC ou ARA2. « Nous pensons que les patients souffrant de cardiopathie, d’hypertension, ou de diabète et traités avec des médicaments augmentant les ACE2, ont un risque plus élevé de souffrir d’une forme sévère d’infection à COVID-19 », ont-ils écrit.

Manque de preuves solides

Après que cette information a diffusé dans le grand public via des réseaux sociaux, l'European Society of Cardiology a rapidement réagi, en se montrant rassurante, et recommandant aux patients de continuer à se traiter avec leur antihypertenseur habituel. Pour cette société savante, on manque de preuves solides pour que des médicaments de la famille des IEC ou ARA II soient arrêtés à cause de l’infection à Covid-19. Elle précise même que des travaux effectués chez les animaux suggèrent que ces traitements protégeraient contre des complications pulmonaires graves de cette infection.


Source : legeneraliste.fr