Cellules souches cardiaques : feu vert de l’ANSM pour un essai clinique

Publié le 10/06/2014

Un nouveau procédé pour produire des cellules souches cardiaques a obtenu l’approbation des autorités sanitaires ce qui va conduire à un essai clinique français de traitement de l’insuffisance cardiaque. Selon l’European Heart Journal du 16 mai, des équipes de l’hôpital Georges Pompidou (sous la direction du Pr Philippe Menasché, service de chirurgie cardio vasculaire, INSERM U 970) et de l’hôpital Saint-Louis (sous la direction du Pr Jérôme Larghero, unité de thérapie cellullaire, INSERM U 1160) ont mis au point un procédé autorisé par l’Agence nationale de sécurité sanitaire des médicaments et des produits de santé (ANSM) pour produire des cellules précurseurs cardiaques, destinées à soigner des patients qui présentent une insuffisance cardiaque grave. L’équipe va maintenant démarrer un essai clinique avec ces cellules chez six patients présentant une insuffisance cardiaque sévère (fraction d’éjection du ventricule gauche ≤35 %, infarctus du myocarde datant de plus de six mois, candidats à un pontage coronaire ou à une intervention sur la valve mitrale…).

En pratique, les chercheurs partent de cellules embryonnaires pluripotentes et orientent leur spécialisation en cellules cardiaques grâce à un cocktail de facteurs de croissance et de différenciation. Moins de la moitié des cellules répondent à cette stimulation : il faut donc sélectionner les cellules voulues avec la plus grande vigilance. Les auteurs placent les cellules obtenues dans un patch de fibrine qui sera déposé chirurgicalement sur la zone de l’infarctus. De précédents travaux ont en effet montré que cette stratégie favorisait leur survie par rapport à des injections directes dans le muscle cardiaque.

Pour obtenir le feu vert de l’ANSM, les chercheurs ont écarté les différents risques liés à l’usage des cellules souches : risque infectieux lié à une bactérie ou un virus qui pourrait contaminer des cellules, risque de dysfonctionnement lié à la perte de matériel génétique ou à des remaniements chromosomiques au cours des divisions, risque de cancérisation sous forme de tératome lié à la capacité des cellules pluripotentes à se diviser à l’infini…


Source : legeneraliste.fr