Si « Le Généraliste »  était paru en octobre 1895

Bavière, Suède et vérole...

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Publié le 11/02/2017
Histoire

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Connaissez-vous l'explication du proverbe « Passer de Bavière en Suède » ? On lit à ce propos dans le « Dictionnaire comique, satirique, critique, burlesque, libre et proverbial » de Leroux (Pampelune, 1776) : « Aller en Bavière », manière de parler libre pour baver ou suer la vérole, passer par les grands remèdes (Œuvres de Quevedo) ; se faire traiter, être sous l'archet. « J'allai, comme l'on dit, en Bavière » (Francion, « Histoire comique », livre II).

«  Aller en Suède », manière de parler figurée qui signifie suer la vérole, avoir le gros lot, le mal de Naples.
« Dont la malice sans remède,
Vous fait faire un voyage en Suède » (« Enfer burlesque»).

Bavière et Suède sont tirés là des mots Baver et Suer. Ils ont pour but de désigner deux maladies vénériennes, la gonorrhée et la syphilis. Dans le Dictionnaire de Trévoux, on trouve à l'article Suer  :  « Quand on dit absolument qu'un homme a sué, on entend qu'il a été traité pour une maladie vénérienne, et l'on disait en termes burlesques qu'il avait fait un voyage en Suède ».

Cette explication nous indique que, tout aussi singulièrement, Bavière est dérivé de baver. La salivation abondante est, en effet, souvent consécutive à la médication par le mercure et, d'ordinaire, on combat cet accident par les sudorifiques.

(« La Chronique médicale », octobre 1895)


Source : legeneraliste.fr