Si  « Le Généraliste » était paru en janvier 1893Les critères idéaux d'une future épouse

Alain Létot
| 12.01.2016
  • Histoire

Quoi qu'en disent les sacristains, la beauté chez la, femme n'est pas quantité négligeable. Je dirais volontiers, avec un poète inconnu, mais plein de conviction :

«Dans ce monde où, dit-on, tout n'est que vanité,

Rien n'est vrai que ce don suprême, la beauté ».

 Certains philosophes racontent que la beauté de la femme est une affaire de territoire, de climat et d'habitude. Ils parlent des Vénus hottentotes, qui pour nous ont l'aspect de déplorables guenons. Ils ajoutent que nos plus belles femmes, aux yeux des Hottentots, sont des êtres disgracieux. Ils passent,en revue les Peaux rouges, les Chinoises, les Grecques, les Maltaises, toutes belles ou laides suivant l'éducation des yeux qui les regardent ; et, avec l'impudence convaincue des maîtres-penseurs, ils nient la beauté.

 

Laissons dans leurs nuages ces chercheurs d'absolu, et jouissons en cœurs simples du merveilleux relatif dont nos regards s'abreuvent avec une joie reconnaissante.

 

J'ai trouvé, dans un ouvrage, presque moderne, la liste d'un certain nombre de conditions dont la réunion réalise la beauté de la femme. L'auteur, probablement, l'avait rencontrée lui-même dans quelque ancien écrit. Je vais vous faire part de ma trouvaille, ce dont vous me saurez bon gré, j'en suis persuadé.

 

La femme, pour être vraiment belle, doit avoir :

Blanches : la peau, les dents, les mains.

Noirs : les yeux, les sourcils, les cils.

Rouges : les lèvres, les joues, les ongles.

Longs : le corsage, les cheveux, les cils,

Larges : la poitrine, le front, les hanches.

Étroits : le cou-de-pied, la bouche, la ceinture,

Gros : les bras, les mollets, (parlons latin) nattes.

Arqués : le nez, les sourcils, la taille.

Ronds : les seins, le cou, le menton.

Petits : le pied, la main, l'oreille.

 Il y aurait beaucoup à discuter sur cet ensemble de conditions, surtout à propos des blondes, sacrifiées d'un coup de plume. Toutefois, le tableau ainsi présenté ne manque pas d'attrait.

L'auteur a subi le sort commun des classificateurs à outrance; les blondes n'entraient pas dans ses catégories : il a supprimé les blondes. Pauvre homme !

(Dr Jacques Nattus, « L'Hygiène des fiancés », 1893)

 

 

Source : Legeneraliste.fr
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